stroke

L’analyse transactionnelle permet-elle de mieux communiquer ?

Date de mise à jour : 20/02/2024

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Le père de l ‘analyse transactionnelle, Eric Berne, a développé plusieurs outils pour optimiser communication interpersonnelle et facilement transposable dans le cadre professionnel.

Les signes de reconnaissance de l’analyse transactionnelle

Stroker, encore un anglicisme… mais la traduction en français n’est pas facile. Le « stroke » peut vouloir dire à la fois « caresse » ou « coup ».

Stroker, c’est donc communiquer positivement ou négativement.

Il existe en effet 2 types de « strokes » :

  • Le « stroke » positif  : un compliment, un remerciement, la demande d’un avis, un avantage, un bénéfice…
  • Le « stroke » négatif : une punition, une sanction, une critique, une insulte, un recadrage.

L’analyse transactionnelle permet-elle de mieux communiquer ?

Les 12 lois du Stroke dans l’analyse transactionnelle

Dans l’analyse transactionnelle, le stroke est indispensable pour la survie biologique et psychologique

De nombreuses expériences en  maternité   ont   montré   que les   bébés « strokés »  se portaient  mieux  que  les  bébés  peu ou pas « strokés » : les bébés caressés et entourés par leur mère, même dans des conditions d’hygiène défavorables, résistaient  mieux  aux maladies  que  les autres. Ainsi, le stroke apparaît obligatoire et indispensable pour survivre,  tant au plan biologique que psychologique, physique qu’affectif.

Dans l’analyse transactionnelle, le stroke peut être source d’énergie positive ou négative

Le stroke positif  correspond à la  reconnaissance  des  qualités de  l’autre pour le valoriser ou de tout autre comportement ou actions qui provoquent chez l’autre le développement d’une énergie positive.  Les strokes  positifs me permettent ainsi de mieux vivre, avec moi-même et avec les autres.

Le stroke négatif  correspond à la  dévalorisation  de l’autre,  en ne reconnaissant  pas  ses  qualités  ou en se  comportant  de  telles  façons  qui    provoquent chez  l’autre le  développement d’une  énergie  négative.  Les strokes négatifs me permettent de vivre,  mais de  vivre en  souffrant et en me sentant mal dans ma peau  et en relations difficiles avec les autres…

Dans l’analyse transactionnelle, un individu préfère un stroke négatif au risque de ne pas en recevoir

L’absence de  stroke  est  dramatique  pour un individu.  Elle est la source d’une diminution d’énergie,  présage d’une disparition de lui-même  (maladie et mort).

Chaque individu préfère ainsi des strokes négatifs à  l’absence de strokes. Ce qui explique de nombreux comportements désagréables, provocateurs ou manifestement destinés à développer des échecs  ou des  ennuis pour tout  le monde.  Ils ont, malgré tout,  une douloureuse  et tragique fonction de survie.

Dans l’analyse transactionnelle, le stroke peut être conditionnel ou inconditionnel

Le stroke conditionnel est un signe de reconnaissance conditionné par les comportements   de  l’autre  (si vous agissez bien,  vous  aurez  un  stroke positif).  Le stroke inconditionnel n’est pas lié directement aux façons de faire de l’autre mais,  au contraire,  il consiste  à apprécier  la personnalité de quelqu’un avec ses qualités et ses défauts et non pour ce qu’il fait.

Quelqu’un  d’habitué aux  strokes conditionnels a tout le temps  besoin de prouver sa valeur en agissant d’une façon telle que le stroke lui soit donné en retour.

Dans l’analyse transactionnelle, le stroke inconditionnel est plus intense que le stroke conditionnel

Le stroke conditionnel,  positif ou négatif,  est d’une  intensité moyenne ou faible, donc de risque limité.

Le stroke inconditionnel,  positif ou négatif, est toujours de très forte intensité,  donc de risque  élevé.  Par exemple  un entretien  d’appréciation mal préparé où le manager se contente de dire que « cela ne va pas »  sans indiquer  des faits ou des chiffres,  peut provoquer  chez  son interlocuteur les effets catastrophiques du stroke inconditionnel négatif.

Dans le travail,  le stroke conditionnel,  à  risque  limité,  reste  l’instrument le plus opérationnel pour la vie quotidienne.  Pour  quelques  points fondamentaux,  le stroke inconditionnel reste de mise : par exemple  respect de la personne humaine, quel que soit son comportement négatif par ailleurs.

Dans l’analyse transactionnelle, l’effet positif du stroke est directement lié à la qualité du stroke donné

Le  stroke  positif  le  plus  intense  est  un  stroke  qui  a  les  5   qualités suivantes :

  • sincère
  • approprié
  • personnalisé
  • dosé
  • argumenté.

Un  stroke  positif  sera  d’autant  plus  fort  qu’il se  rapprochera  de ces 5 qualités, et d’autant plus faible qu’il s’en éloignera.

  • Le  « faux stroke positif »  est  particulièrement  assuré  de n’avoir aucun effet : par exemple, le compliment appuyé et manipulateur.
  • Le  « stroke forcé »  se sent.  Il a peu  de  chances  d’avoir des effets positifs.
  • Le stroke  inapproprié  inquiète en général l’interlocuteur qui se demande s’il y a  manipulation ou dérision.

Dans l’analyse transactionnelle, pour obtenir la même quantité d’énergie psychique, il faut soit 1 stroke (+) soit 10 strokes (-)

Le rapport est de 1 à 10.  Un individu a besoin de 10 strokes négatifs pour recevoir la même quantité d’énergie qu’un stroke positif.

Un  individu,  en  manque  de  strokes  positifs,  a besoin  de  multiplier les occasions de strokes négatifs, pour recevoir la même quantité d’énergie pour survivre.  Ceci  explique  les attitudes provocatrices de certaines personnes, appelant les strokes négatifs : le rejet ou la réprimande.

Derrière  maintes  attitudes négatives ou désagréables, se cache un appel maladroit  et malheureux  aux strokes positifs.  Mais,  ne pouvant  avoir un seul  stroke  positif,  la personne  appelle les nombreux strokes négatifs, pour avoir au moins sa dose suffisante d’énergie psychique pour survivre.

Certes,  ce sera  de  l’énergie  psychique  négative,  donc  source de souffrance,  mais  elle  permet  au  moins  de  vivre  ;  c’est  mieux  que  rien…

Ainsi, certains individus sont habitués aux strokes néfastes.

Dans l’analyse transactionnelle, chaque individu a une dose habituelle de stroke qu’il a du mal à dépasser comme la température d’un climat

Ainsi certains individus sont habitués  à vivre avec  peu de strokes.  Il convient de leur donner avec prudence de nouveaux strokes supplémentaires   car il y a risque « d’overdose »… Il est possible de découvrir,  par essai et erreur,  l’intensité  que chacune  de nos relations se sent de  supporter  et quel est son seuil.

Chacun se sent «  en manque » si la dose est trop faible ou  « en saturation » si la dose est trop forte.

Chacun  est habitué à une température  et un climat ;  il suffit de quelques degrés  de chaleur  de  plus ou de  moins  pour  se  sentir mal.  Mais il est possible, par changements gradués et doux, de s’habituer à vivre avec un peu plus de chaleur ou un peu plus de   froid.   Le   changement   brusque perturbe. Il en est de même pour le stroke.

Faire des compliments  trop  forts ou trop inhabituels  inquiète la personne qui les reçoit.  Chercher à stroker positivement les autres permet de développer leur énergie, si cela est fait en respectant la loi de la dose habituelle.

Dans l’analyse transactionnelle, chaque individu a un canal préférentiel de stroke

Il existe 5 canaux possibles de stroke.

    • Le regard, les yeux,  la vue : en ce cas,  il suffit  de  regarder  quelqu’un, même un moment, pour que l’effet stroke ait lieu.
    • La voix, la  parole,  le son : certaines  personnes  sont  sensibles au son de la voix. Elles préfèrent téléphoner qu’écrire, parler, dire, dialoguer.
    • L’écriture, la note,  le mémo : d’autres craignent  l’expression orale et se sentent  plus  à l’aise  de  communiquer par l’écriture.  Elles  savent  bien féliciter  quelqu’un en  lui envoyant un  « petit mot »  ou une  lettre,  alors qu’elles seraient gênées de le faire au cours d’une conversation.
    • La proximité,  le  contact,  le  toucher : certains  aiment  être  en groupe, même  en  foule,  proches  les  uns  des    « Il faut  se voir, … par téléphone, je ne peux pas bien le dire… ». Ils aiment la poignée de main et la tape sur l’épaule, les accolades, etc. « On ne le voit jamais… » disent ses employés.  « Qu’il passe  au moins  de temps  en  temps  pour nous serrer la main.. dire bonjour… »
    • L’odorat, le parfum,  l’odeur : certains spécialistes ont pu dire que c’était         le seul problème  de communication  qui était  vraiment  décisif dans la vie en couple : toutes les autres difficultés pouvaient être résolues, sauf celle-là.  Il vaut mieux se séparer,  c’est insurmontable  « si on ne peut plus se sentir… ».  Ce phénomène  est  souvent  méconnu et minimisé dans la vie professionnelle,  alors  qu’il peut être source de strokes négatifs insupportables.
    • Chacun a  un  canal   privilégié  de   stroke  et  des   canaux  difficiles  ou   bloqués.  Stroker  en utilisant  le canal préférentiel de l’autre augmente les chances de déclencher l’énergie positive.

Dans l’analyse transactionnelle, chacun peut « stocker les strokes »

Il est en  effet possible  pour un  individu  d’accumuler  des  réserves de strokes pendant  certains  moments de la journée ou certains jours de la semaine ou  certaines  semaines du mois  pour utiliser ensuite cette énergie  de  réserve  dans  les  moments  où  les  effets  strokes  sont  faibles.

Chacun peut ainsi éviter de se trouver en  manque à un  moment inopportun,  « d’être vidé »,  alors que  la situation exige une forte  énergie.  Il est possible ainsi d’avoir une stratégie de gestion des « stocks de strokes ».

Dans l’analyse transactionnelle, chacun possède un filtre à strokes

Selon sa  personnalité et  les  habitudes  de son milieu,  chacun est prêt à accepter  ou  refuser  totalement  ou  partiellement, les strokes qui lui sont donnés.  Certaines   personnes  interprètent  le  stroke   positif  en   stroke négatif :

« Il m’a dit que j’avais  bien travaillé mais ce n’est pas vrai, j’aurais dû faire encore mieux…, c’est parce qu’il me sait bête  et qu’il veut être gentil  avec moi… ». A chacun de connaître jusqu’à quel point, il refuse le stroke  ou le sélectionne selon son système psychologique personnel.

L’effet  stroke  est  essentiel dans la vie,  c’est pourquoi il fait peur et a été réglementé.  Dès l’enfance dans les familles, les filtres sont mis en place : « Ne lui fais pas trop de compliments, cela va lui monter à la tête… ». Ou          bien ce  qui revient  au même,  les strokes donnés sont surtout de  « faux-strokes ».

« Mais si,  c’est bien… c’est très joli »… alors que  la personne  pense  le      contraire : l’enfant le  sait bien et se dit que,  dans la vie,  quand quelqu’un vous  fait  un compliment,  ce  n’est  pas  vrai,  il  ne faut pas le croire… Et voilà, le filtre est mis en place.

Il est  possible  de  nettoyer  le  filtre,  de le  « percer » et de l’enlever pour laisser passer les strokes positifs.

Il est  possible de  développer  le filtre  à strokes  négatifs  pour  ne pas se laisser manipuler,  culpabiliser ou  persécuter  et  être  à l’écoute tranquille de ce qui va et ne va pas pour agir plus heureusement et efficacement.

Dans l’analyse transactionnelle, le stroke est une source naturelle, gratuite, inépuisable et à la portée de tous.

La  croyance  contraire  et  fausse  est souvent  apprise  et  répandue : le stroke est  très  rare et  très cher.  Si j’en donne, je n’en aurais plus. Alors qu’au  contraire,  plus  j’en   donne  plus   j’augmente  mes  chances  d’en recevoir et  plus  j’augmente  ma  capacité à stroker et donc mon stock de strokes.  Le stroke  est une  ressource naturelle que chacun a à sa disposition  et  qu’il  peut  recevoir   et  distribuer   à  tout  le  monde  et  à   tous moments.  Seules,  des  difficultés  psychologiques personnelles  et  des habitudes  sociales  restrictives  font  croire le contraire.  Le stroke est gratuit : il  est  possible  d’en  recevoir  sans  payer  en retour de sa personne (stroke inconditionnel).

Chacun  peut  reconquérir  ce droit  aux stokes et permettre aux autres de retrouver   ce   bonheur,   source   d’énergie   positive   pour   résoudre les problèmes de la vie.

Dans l’analyse transactionnelle, gérer les 5 points clés du système de distribution des strokes :

  • donner
  • se donner
  • accepter
  • refuser
  • demander des strokes

Conclusion : voir le côté positif des autres et de soi-même

L’outil stroke permet à chacun d’être plus constructif avec soi-même et les autres : voir  ce qu’il  y  a  d’agréable,  de  valable,  d’efficace  est  un  bon      moyen  pour compenser, équilibrer, traiter les côtés négatifs de soi et des autres, sans édulcorer ni cacher, ni dramatiser le côté négatif.

C’est pourquoi le stroke minute  est à pratiquer.  Pour cela, il faut chercher à  prendre  les  gens  en    « flagrant  délit  de  bien  faire »   ou  plutôt  de « commencer à bien faire ».  Encourager la  personne dès qu’un début de      résultat positif se manifeste, sans attendre  que tout soit réalisé ou que ce soit  le  moment  prévu  (l’entretien  d’évaluation  par  exemple…),  c’est  la condition même d’un  apprentissage positif de même,  il est encourageant pour  la  personne  de pratiquer  « la réprimande-minute »  qui  permet  de préciser  ce   qui ne  va   pas  et  ce  qu’on   éprouve  à ce  moment là,  en affirmant en  même temps que  seul le comportement est en cause et non la personne.

Conseils pratiques pour un développement personnel

  • Plaire n’est pas stroker
  • Avoir des critères d’appréciation connus, compris, expliqués
  • Stroker même un résultat partiel et incomplet
  • Stroker ce qui est normal pas seulement l’exceptionnel
  • Stroker immédiatement, à la minute même et brièvement
  • Absence de sélection et absence de stroke vont de pair
  • Voir le côté positif plutôt que le côté négatif
  • Oser stroker, même maladroitement, mais sincèrement
  • Ecouter est toujours un stroke
  • Espacer les strokes pour les valoriser
  • Une absence de stroke très dangereuse : dire que tout le monde travaille bien et a le même niveau
  • Demander à la personne de dire du bien de son travail favorise l’auto stroke
  • Stroker en cours de travail, sans attendre la fin
  • L’absence d’appréciation est un stroke négatif

 

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