notre langage reflète notre pensée

Notre langage reflète notre pensée

Date de mise à jour : 07/03/2024

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Crée par John Grinder et Richard Bandler dans les années 70, les outils de la PNL comme le métamodèle m’apparaissent comme étant encore très utiles, puissants et efficaces à la lecture de nombreux posts sur les réseaux sociaux.

La programmation neurolinguistique, qu’est-ce que c’est ?

La programmation neurolinguistique (PNL) s’intéresse à la façon dont les humains fonctionnent dans un environnement donné, et ce, en fonction de leurs schémas comportementaux.
À travers un ensemble de techniques et de méthodes, la PNL aide à changer la façon dont un individu perçoit son environnement. En effet, chaque individu possède une carte du monde qui lui est propre, et qui est modulée par ses croyances et ses conditionnements.

Mais la carte n’est pas le territoire.

C’est un des postulats de la PNL. Chaque personne est unique tant physiologiquement que du point de vue de ses modes de pensées. En effet, la façon dont nous percevons la réalité est le fruit de nombreux filtres cognitifs, sociaux, éducatifs, culturels…

Ces filtres nous amènent à avoir un point de vue personnel sur les éléments qui nous entourent et qui pour nous serait la réalité.

Or il n’existe pas une mais autant de réalités que d’individus et chacun n’a ni raison ni tort…

S’approprier la carte n’est pas le territoire est donc sortir de l’idée j’ai raison et tu as tort pour rentrer davantage dans « ce que je pense est étayé par mes expériences pour autant je comprends que ta perception n’est pas la même » et elle est tout aussi légitime.

Au-delà de privilégier « Comment faire pour que ça fonctionne bien ? » plutôt que du « Pourquoi ça ne fonctionne pas ? », la PNL propose des techniques pour prendre du recul sur les comportements que l’on adopte lorsque l’on communique, pour y apporter en toute conscience des modifications si ça facilite l’atteinte de notre objectif.

P comme Programmation qui renvoie à notre conditionnement à notre environnement et qui comprend notre système de croyances et de comportements. Chacun de nous met en place inconsciemment des programmes qui orchestrent nos réactions et nos émotions, que ce soit positivement ou négativement.

N comme Neuro car ces programmes sont encodés dans nos circuits neuronaux.

L comme Linguistique qui renvoie au langage verbal ou non verbal. Notre langage reflète notre pensée et la façon dont nous nous représentons la réalité.
J’ai eu la chance d’être formée par John Grinder lui-même et il est resté avec le temps comme un mentor… comme Alain Cayrol pendant ma formation de coaching à qui je rend hommage ici puisqu’il nous a quitté récemment.

Sur les réseaux sociaux je constate fréquemment que le langage utilisé pour partager des expériences emploient d’innombrables filtres : des généralisations, des omissions, des distorsions.
Ces 3 processus produisent des malentendus et incompréhensions lorsque nous communiquons avec autrui. Nous décrivons notre modèle du monde et pas celui de l’autre.

Le Métamodèle

Le métamodèle crée par John Grinder a pour but de nous faire prendre du recul par rapport à nos omissions, généralisations, distorsions.
Dès que nous en avons conscience nous pouvons rectifier notre vision et communiquer sans déformer le sens du message de notre interlocuteur (de ce que nous en avons compris).

Par habitude nous laissons les autres interpréter le sens de nos mots.

Dans le métamodèle, on trouve les omissions du langage

Nous omettons souvent des informations très importantes et cela génère alors des différences entre ce que nous disons et ce que nous pensons.

Il existe quatre types d’omissions dans le langage et que l’on retrouve dans le métamodèle :

1. L’omission simple

C’est l’omission la plus répandue, omettre des détails sur l’objet du verbe.

Par exemple, quelqu’un vous écrit un commentaire du type :
“Je ne suis pas d’accord.” (Avec quoi ? Avec qui ?)

2. L’omission du 2e terme de la comparaison

Souvent cette omission cache un préjugé. Ce sont des phrases avec un comparatif “meilleur que, plus que, moins que, pire que…” mais sans le sujet comparé.

Par exemple :
“L’équipe n’a pas fait de son mieux.” (Par rapport à quand / à qui ?)

3. L’omission de l’index de référence

“On, ça, c’est, cela, les autres…”.

Par exemple :
“C’est difficile.” (Qu’est-ce qui est difficile ?)

4. Verbes non spécifiques

Les verbes que nous utilisons sont plus ou moins précis et peuvent être interprété de plusieurs façons.

Par exemple, lorsqu’un client nous dit :
“Le marché est saturé.” (De quelle façon, par qui ?)

Ces quatre types d’omission peuvent être corrigées par l’une des questions suivantes “Quoi, Où, Quand, Qui, Comment, Par qui/quoi ?“ mais doivent être utilisées avec tact pour ne pas nuire à la fluidité de l’échange.

Dans le métamodèle, on trouve les généralisations du langage

Les généralisations du langage que l’on trouve dans le métamodèle sont partout sur les réseaux sociaux et permettent à travers elles de capter les croyances des autres et nos croyances.

1. Les quantifieurs universels

Ce sont les mots comme “Tout/Tous, toujours, jamais, rien, personne, les gens, tout le monde…” ou bien les sous-entendent.

Par exemple :
Ces seniors, ils sont tous pareils ? (Qu’est-ce qui est pareil ? Tous ?)

Il est possible d’intervenir à 3 niveaux :
qui précisément chez les séniors ?
Tous ? comme pour montrer que la généralisation est un raccourci
ou bien de donner un contre-exemple « Te rappelle-tu de…. ».

2. Les opérateurs modaux

Il existe deux types d’opérateurs modaux : les opérateurs de nécessité et d’obligation, les opérateurs de possibilité.
les opérateurs de nécessité et d’obligation sont “Je dois, je suis obligé de, il faut que, il est nécessaire, c’est obligatoire”.

Par exemple :
“Il faut absolument que je termine ça.” (Et si tu ne terminais pas ?)
Les opérateurs de possibilité exprimés négativement sont “C’est impossible, ce n’est pas possible, je ne peux pas, je ne suis pas en mesure de…”. Ils sont le reflet de notre impuissance ressentie.

Par exemple :
“C’est impossible pour quelqu’un comme moi de…” (Et si tu pouvais ?, que se passerait-il si… ?)
Derrière l’utilisation des opérateurs modaux, il y a le plus souvent des croyances que nous nous imposons.

3. La nominalisation

ce sont les noms que nous utilisons pour transformer un processus en un état ou un évènement. La nominalisation gèle l’action.

Par exemple :
“La communication ne passe pas dans le groupe.” (Qui ne parvient pas à communiquer ? Qu’est-ce qui n’est pas communiqué ? Qui n’arrive pas à communiquer quoi ?).

4. L’origine perdue

Il s’agit là de règles, jugements, proverbes, sans que l’on puisse savoir de qui ou quand cette idée est venue. Les croyances sont souvent formulées via les origines perdues. Cela permet de donner l’impression que la croyance est une évidence.

Par exemple :
« Une entreprise ne peut plus recruter, si elle n’a une organisation de travail hybride” (Comment le sais-tu ?)

Dans le métamodèle on trouve les distorsions du langage

Les distorsions du langage que l’on trouve dans le métamodèle sont principalement des relations de cause à effet, les équivalences complexes et les lectures de pensée.

1. Cause-Effet

Cette distorsion créé une relation arbitraire entre une cause et un effet qui n’ont pas de lien entre eux. En interrogeant le lien entre X (la cause) et Y (l’effet), l’erreur de logique apparaît clairement.

Par exemple :
“Il m’énerve”. (qu’est-ce qui t’énerve ? est-ce que parfois il ne t’énerve pas ?).

2. L’équivalence complexe

Ce sont deux affirmations différentes qui sont liées dans une même phrase, comme si les affirmations veulent dire la même chose.

Par exemple :
« Il refuse le télétravail, c’est un manager qui ne sait pas déléguer » (En quoi, le fait de refuser le télétravail prouve qu’il ne sait pas déléguer ?).

3. La lecture de pensée

C’est l’attitude qui consiste à attribuer à quelqu’un un point de vue, une position, une attitude, sans qu’on ait de fondement objectifs pour le faire.

Par exemple :
“Je sais ce qu’il a voulu dire.” (Comment le sais-tu ?)
À présent que nous avons vu les omissions, généralisations et distorsions, je vous propose de vous entraîner à repérer dans vos posts et ceux des autres les omissions, généralisations et distorsions…

Voilà quelques phrases relevées dans des posts récents :

  • C’est bien formulé mais c’est une ineptie
  • Je n’ai jamais entendu autant de bêtises sur le travail en si peu de temps
  • Il est de notoriété publique que les candidats ne répondent pas la vérité et vont piocher parmi des listes toutes faites sur internet c’est un jeu de dupes et cela n’apporte rien
  • on est bien incapable d’émettre un quelconque jugement sur ses qualités et ses défauts (des candidats) et donc sur sa lucidité.
  • Avec cette grille là, vous ne lirez peut-être plus de la même façon les posts sur les réseaux sociaux. Le méta-modèle est un outil utile pour clarifier le propos des autres ou pour interjeter un autre point de vue en remettant en question une croyance, une limite, ou un obstacle que s’est imposé l’interlocuteur lui-même.
  • Autre chose en guise de conclusion, car à aucun moment apparaît qu’il convient de poser la question « Pourquoi ?”. Le questionnement a pour but de faire avancer l’échange et la communication. Le mot « pourquoi » a tendance à placer l’interlocuteur sur une position défensive et à penser qu’il est jugé.

 

Le métamodèle n’est pas un outil de confrontation, juste d’obtenir de manière précise, l’information nécessaire pour communiquer efficacement.

 

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