Gérard BOURGEOIS

Faut-il être violent pour se faire entendre ?

Date de mise à jour : 22/10/2023

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QUESTION DE COM sur la violence

La violence peut-elle être légitime pour se faire entendre ?

A plusieurs reprises, des tagueurs s’en prennent à des tableaux dans des musées pour condamner ce qu’ils appellent « l’inaction climatique des gouvernements ». Des activistes écologistes bloquent une route, s’attachent à des équipements publics, perturbent des événements culturels ou sportifs… Plus une semaine ne passe sans que cette violence inonde les réseaux sociaux et nos écrans de télévision

En entreprise, des syndicalistes déclenchent des coupures électriques sur leur lieu de travail.

Alors en politique comme en entreprise, à bout d’arguments, faut-il donc être violent pour se faire entendre ? 

La capacité à débattre sans s’envoyer des noms d’oiseaux n’est pas le point fort des Français.

Et pourtant – soyons idéalistes ! – il existe un moyen plus pacifique d’échanger des points de vue contraires : la Communication NonViolente ou CNV, basée sur l’Ahimsa (« communiquer avec l’autre sans lui nuire »), philosophie pratiquée avec succès par Gandhi en Inde. Aujourd’hui, la Communication NonViolente ou CNV devient de plus en plus nécessaire du fait de ses qualités intrinsèques et de ses applications dans de multiples domaines.

 

« Tout peut se dire, mais il y a des façons de le faire »

J’ai redécouvert la CNV au début de l’été après avoir exploré les rayons alimentaires du magasin Biocoop de mon quartier, à la lecture de son magazine papier « Culture Bio ». Logique pour une enseigne coopérative de promouvoir l’esprit de coopération…

Comme le dit une gérante de magasin citée par Véronique Bourfe-Rivière, rédactrice de l’article « Communiquer et se comprendre », « tout peut se dire, mais il y a des façons de le faire ». Et enchaîne la journaliste, « les problèmes relationnels ne surviennent pas au niveau des besoins apparents des uns et des autres, mais au niveau des stratégies employées pour les assouvir ».

C’est si vrai quand on observe parfois de vifs échanges autour de nous, aussi bien dans les assemblées d’élus qu’en milieu professionnel…

L’efficacité de la CNV repose sur un processus en 4 étapes simples : OSBD 

Observation 

Sentiment 

Besoin 

Demande 

Selon Marshall B. Rosenberg, le père de la Communication NonViolente ou CNV, « la violence est l’expression tragique de besoins non satisfaits ».

« Deux grands types de communication coupent notre élan à donner du fond du cœur. Tout d’abord ce qui peut s’interpréter comme une critique. Et ensuite, ce qui ressemble de près ou de loin à une contrainte ».

« La Communication NonViolente ou CNV suggère que nous formulions nos demandes dans un langage qui décrit clairement les actions que nous aimerions voir mener pour que notre vie en soit enrichie. Cela exige, entre autres, que nous exprimions ce que nous voulons plutôt que ce que nous ne voulons pas ».

« La plupart d’entre nous n’ont pas été éduqués pour penser à leurs besoins. Mais, quand ces derniers ne sont pas satisfaits, on nous a plutôt appris à penser à ce qui ne va pas chez les autres. C’est ainsi que nous qualifions de paresseux un enfant qui n’accroche pas sa veste au portemanteau comme nous le désirons ou d’irresponsable un ouvrier dont le travail n’est pas conforme à nos attentes. Ces évaluations d’autrui sont des expressions indirectes de nos besoins insatisfaits. Elles risquent plus de provoquer la résistance et l’agressivité que de susciter le désir de satisfaire nos besoins ».

 

Le pouvoir de l’écoute au centre de votre communication interne

Pour échapper à cette « prison des mots », essayons de pratiquer l’écoute et le respect mutuel. Et, pour un dirigeant, qu’il s’attache à expliquer qu’il a bien compris les attentes de ses collaborateurs, mais qu’il ne peut satisfaire les besoins personnels de tout un chacun sans nuire au bien commun de l’entreprise et de ses parties prenantes.

 

Du bon sens, rien que du bon sens. Mais plus facile à dire qu’à faire…

C’est tout un état d’esprit qu’il est indispensable de cultiver sans attendre des situations de crise pour laisser s’épanouir une liberté d’expression respectueuse des uns et des autres. Pour cela, les moyens de communication interne sont nombreux et sont de puissants outils de fidélisation de vos collaborateurs. Informels : le point du matin autour de la machine à café, le « walking management », les rencontres sportives… Ou plus structurés : séminaires, conventions, réunions-débats…

Echanger, argumenter… pour enrichir votre communication interne

Le responsable communication peut proposer aussi d’échanger les points de vue sur votre intranet ou sur les réseaux sociaux où il tient le rôle de modérateur.
La mise en pratique de la Communication NonViolente ou CNV au quotidien suscite :

    • Une écoute sincère de l’autre (écoute active). La CNV enseigne comment comprendre les intentions véritables cachées derrière les mots.
    • Le respect de soi et le respect de l’autre par la reconnaissance de ses besoins et sentiments.
    • Par l’accueil de l’autre et de sa différence
    • Une générosité réciproque.

La CNV a été enrichie par M. B. Rosenberg par une autre dimension : l’empathie. L’empathie nous apprend alors à accorder, dans le dialogue, le temps et l’espace dont l’autre a besoin pour s’exprimer et se sentir compris.

Et vous, à l’exemple de l’enseigne coopérative Biocoop, êtes-vous prêt à ouvrir les vannes d’un débat argumenté et respectueux au sein de votre organisation ou entreprise ? Etes-vous prêt à mettre en place des outils de communication empathique ?

Merci à Véronique Bourfe-Rivière dont l’article publié dans le magazine papier « Culture Bio » (n°128) m’a inspiré pour la rédaction de ce post. Mag en ligne : https://www.biocoop.fr/qui-sommes-nous/notre-magazine-culture-bio

Chiche, on essaye ?

Pour ma part, en tant qu’œil extérieur, je vous propose différentes actions pour mettre en avant la CNV dans votre prochaine vidéo  postée sur les réseaux sociaux. Je peux mener aussi une « interview croisée » – audio ou vidéo – entre deux collaborateurs ayant des points de vue opposés, pour les amener à échanger des arguments et contre-arguments qui conduisent à réfléchir et à avancer vers une négociation où chacun avancerait vers l’autre sans se sentir lésé.

Ces dialogues enregistrés et/ou écrits seront ensuite mis en ligne sur votre intranet ou les réseaux sociaux, pour diffuser l’esprit de débat au sein de votre organisation et promouvoir une coopération apaisée entre ses différents acteurs.

Au sein de vos équipes, j’anime également des ateliers de sensibilisation à la pratique de la Communication NonViolente (CNV).

Gérard BOURGEOIS

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Gérard Bourgeois accompagne les entreprises et les collectivités territoriales dans leur démarche éditoriale en concevant et en produisant des contenus pour des supports print (magazines, lettre d’information, monographiques d’entreprise, compte-rendu d’événements internes ou externes, newsletters, mailing. gerard.bourgeois75@orange.fr